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Journée gourmande et littéraire au château de Rosay

...et Maupassant comme trait d'union entre Bel-Ami, les huîtres et la Normandie
Recettes
  • Au coeur d’une campagne normande, le Château de Rosay abrita un salon littéraire fréquenté par Flaubert, Mérimée ou les frères Goncourt…
    Sa belle cuisine à l’ancienne, son enfilade de salons intimes et sa bibliothèque entièrement recouverte de boiseries accueilleront vos petites équipes sous le thème de la littérature ! Idéal pour vivre de doux moments de gastronomie et de convivialité dans une demeure classée monument historique.

  • Huîtres à la cancalaise
    Pour 4 personnes
    Préparation et cuisson : 25 min
    Boisson conseillée : un vin blanc sec minéral
    et légèrement fruité, tel un sancerre

    Ingrédients:
    24 huîtres creuses de Cancale n° 3
    8 queues de langoustines
    500 g de pousses fraîches d’épinard
    50 cl de vin blanc
    1 échalote
    30 cl de crème fleurette
    1 noisette de beurre

  • Ouvrez les huîtres et réservez leur jus dans une casserole,puis décoquillez-les à l’aide d’une cuillère et placez les coquilles vides au réfrigérateur.
    Dans une casserole, portez à ébullition le vin blanc, le jus des huîtres et l’échalote finement ciselée. Ajoutez les huîtres et laissez-les blanchir pendant 1 min, à petit frémissement.Retirez-les de la casserole à l’aide d’une écumoire et réservez-les au réfrigérateur. Faites réduite le jus de cuisson de moitié, puis incorporez la crème fleurette et laissez à nouveau réduire de moitié.
    Équeutez les pousses d’épinard et faites-les cuire dans une casserole avec le beurre pendant 5 min. Décortiquez les queues de langoustines et coupez-les en très petits morceaux.
    Déposez dans les coquilles bien froides quelques pousses d’épinard, puis quelques morceaux de langoustines, et couvrez avec une huître. Arrosez d’un peu de sauce au vin blanc. Faites dorer les huîtres sous le gril pendant 5 min environ, jusqu’à ce qu’elles prennent une belle couleur, et dégustez-les sans attendre.

  • Guy de Maupassant (1850-1893),
    très lié à Gustave Flaubert, est l’auteur d’une oeuvre
    à la fois réaliste et fantastique, ayant souvent pour cadre la guerre franco-prussienne de 1870
    ou sa Normandie natale.

    Les huîtres d’Ostende furent apportées,
    mignonnes et grasses, semblables à de petites
    oreilles enfermées en des coquilles,
    et fondant entre le palais et la langue
    ainsi que des bonbons salés.

    BEL-AMI
    Guy de Maupassant
    ****
    1885

  • On le fit monter au second étage, et on l’introduisit
    dans un petit salon de restaurant, tendu de rouge et ouvrant sur le boulevard son unique fenêtre.
    Une table carrée, de quatre couverts, étalait sa nappe blanche, si luisante qu’elle semblait vernie ; et les verres, l’argenterie, le réchaud brillaient gaiement sous la flamme de douze bougies portées par deux hauts andélabres.
    Au dehors on apercevait une grande tache d’un vert clair que faisaient les feuilles d’un arbre, éclairées par la lumière vive des cabinets particuliers.
    Duroy s’assit sur un canapé très bas, rouge comme les tentures des murs, et dont les ressorts fatigués, s’enfonçant sous lui, lui donnèrent la sensation de tomber dans un trou. Il entendait dans toute cette vaste maison une rumeur confuse, ce bruissement des grands restaurants fait du bruit des vaisselles et des argenteries heurtées, du bruit des pas rapides des garçons adouci par le tapis des corridors, du bruit des portes un moment ouvertes et qui laissent échapper le son des voix. Forestier entra et lui serra la main avec une familiarité cordiale qu’il ne lui témoignait jamais dans les bureaux de La Vie Française.

    « Ces deux dames vont arriver ensemble, dit-il ; c’est très gentil ces dîners-là ! » Puis il regarda la table, fit éteindre tout à fait un bec de gaz qui brûlait en veilleuse, ferma un battant de la fenêtre, à cause du courant d’air, et choisit sa place bien à l’abri, en déclarant : — Il faut que je fasse grande attention ; j’ai été mieux pendant un mois, et me voici repris depuis quelques jours. J’aurai attrapé froid mardi en sortant du théâtre.
    On ouvrit la porte et les deux jeunes femmes parurent,
    suivies d’un maître d’hôtel, voilées, cachées, discrètes, avec cette allure de mystère charmant qu’elles prennent en ces endroits où les voisinages et les rencontres sont suspects.
    Comme Duroy saluait Mme Forestier, elle le gronda fort de n’être pas revenu la voir ; puis elle ajouta, avec un sourire, vers son amie : « C’est ça, vous me préférez Mme de Marelle, vous trouvez bien le temps pour elle. »
    Puis on s’assit, et le maître d’hôtel ayant présenté à Forestier la carte des vins, Mme de Marelle s’écria :
    « Donnez à ces messieurs ce qu’ils voudront ; quant à nous, du champagne frappé, du meilleur, du champagne doux par exemple, rien autre chose. »

    Et l’homme étant sorti, elle annonça avec un rire excité : « Je veux me pocharder ce soir, nous allons faire une noce, une vraie noce. »
    Forestier, qui paraissait n’avoir pas entendu, demanda :
    — Cela ne vous ferait-il rien qu’on fermât la fenêtre ? j’ai la poitrine un peu prise depuis quelques jours.
    — Non, rien du tout.
    Il alla donc pousser le battant resté entrouvert et il revint s’asseoir avec un visage rasséréné Sa femme ne disait rien, paraissait absorbée ; et, les yeux baissés vers la table, elle souriait aux verres, de ce sourire vague qui semblait promettre toujours pour ne jamais tenir.
    Les huîtres d’Ostende furent apportées, mignonnes et grasses, semblables à de petites oreilles enfermées
    en des coquilles, et fondant entre le palais et la langue ainsi que des bonbons salés.
    Puis, après le potage, on servit une truite rose
    comme de la chair de jeune fille ; et les convives
    commencèrent à causer.
    On parla d’abord d’un cancan qui courait les rues, l’histoire d’une femme du monde surprise, par un ami de son mari, soupant avec un prince étranger en cabinet particulier.
    Forestier riait beaucoup de l’aventure ; les deux femmes déclaraient que le bavard indiscret n’était qu’un goujat et qu’un lâche.

2 Commentaires
  • Marie Glasian
    - 2017-02-08 19:12:40

    Bonjour et Merci beaucoup pour votre témoignage qui nous va droit au coeur ! Au plaisir de vous y retrouver alors :-) A bientôt,
  • Cat'ouchca
    - 2017-01-16 21:43:02

    Très très beau château . Avons eu la chance de le visiter et d'y dormir. Décor très sympa. On s'y sent bien. Nous aimerions et espérons un jour y retourner.
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